jeudi 1 décembre 2016

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     DAREDEVIL    -  Netflix (2015- ) 



           Le Démon de Hell's Kitchen

    Dans une ville où règne la corruption, Matt Murdock, un avocat le jour, devient un justicier masqué la nuit pour sauver sa ville. Surnommé Daredevil, ou le Démon de Hell's Kitchen, il combat ceux que la justice ne peut condamner. 
     L'univers MARVEL s'étend désormais sur le petit écran avec cette nouvelle série originale produite par Marvel Television et ABC Studios, et diffusée sur Netflix. Avec Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist, ils se retrouveront dans la série The Defenders en 2017 toujours sur le service de VOD, Netflix. Si on sait à quoi s'attendre avec le MCU (Marvel Cinematic Universe), que vaut Marvel sur le petit écran ? 
Alors que certaines séries montrent de la faiblesse en terme de rythme, Daredevil, qui contient pour le moment deux saisons (26 épisodes), s'impose comme étant la meilleure série de super-héros. Mais en quoi a-t-elle réussi à s’imposer comme tel ? En d'autres termes, pourquoi pouvons-nous affirmer aujourd'hui que la série dépasse nos attentes et devient progressivement une série déterminante dans la qualité que tente d'instaurer Marvel sur le petit écran ?  

     Tout d'abord la qualité se ressent par la réalisation, et plus généralement par sa mise en scène sur les 26 épisodes. Qu’on ne dise plus que les séries télévisées ne sont pas créatives et bien loin de la qualité des œuvres  cinématographiques. Le fossé n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui et c’est avec certaines séries originales -de Netflix notamment- que cela se confirme. Certaines scènes sont brillantes en terme de lumière, de composition, de chorégraphies… On peut notamment mentionner les deux plans séquences mettant en scène Daredevil se battant contre de nombreux ennemis. Ces faux plans séquences sont d’une précision rare sur le petit écran, il fallait donc le souligner. La technique ne serait rien sans une bonne préparation en amont et notamment celle pour les scènes de combat. Tout est parfaitement millimétré, et bien qu'un œil aguerri parvient à décomposer les mouvements, tout reste à la fois fluide et soigné. 
La composition du cadre est parfois très intéressante et amène bien souvent une analyse qui peut être développée, c’est à dire que cela joue sur l’interprétation que l’on se fait de la scène, ainsi que les enjeux mis en avant. Dans ces cas de figures la composition des plans mêlés aux jeux des acteurs et à la lumière veulent suggérer bien plus qu’une lecture neutre de cette dite scène. En effet si l’on prend les moments où Matt se trouve dans son appartement, tout est fait pour montrer la solitude du personnage, aussi bien dans l’éclairage donné (ce qui donne l’atmosphère à la scène), mais également au choix de cadrage (Matt en bord cadre qui se perd dans un espace) ainsi que le jeu d’acteur de Charlie Cox (absolument remarquable). Si l’on prend les scènes qui se passent sur les toits d’immeubles, Daredevil est bien souvent mis en avant comme le héros de la ville (contrairement aux choix de cadrage de jour), et en contre plongée pour accentuer cet aspect. Ces exemples montrent que la mise en scène est étudiée dans chaque épisodes afin de rendre compte de manière totale la condition de Matt Murdock (ou des autres personnages).
Le travail de la photographie donne l'atmosphère, le ton employé par la série. La lumière joue un jeu essentiel dans la qualité qu’est Daredevil. Le travail sur la double identité du protagoniste est fortement accentuée par le rapport jour/nuit. Autrement dit la lumière et l’obscurité. Son combat de la justice qu’il combat le jour en tant que Matt Murdock, c’est la lumière, la voie légale, juste, à entreprendre. De plus, la lumière c'est également la voie de la religion, sa foi en Dieu; il ressent le besoin d'aller se confesser. Mais la nuit lorsqu’il devient Daredevil, le démon de Hell’s Kitchen, il passe du côté sombre, obscur. Son rôle n’est plus conforme à la justice qu’il défend le jour ni à la justice divine. La nuit c’est le moment où le personnage devient  l’image même de ce que la ville renvoie. La justice ne fonctionne pas, les croyances sont alors remises en questions. C’est aussi ce clivage qui est au centre de la série, au cœur du protagoniste. Le héros est pris dans des tourments, des questions se posent, la réalité doit lui faire face. La progression se fait durant ces deux saisons ce qui laisse pleinement le temps au personnage de Matt Murdock de comprendre sa véritable nature. Cette nécessité de double identité en devient finalement qu’une. Matt le dit lui-même à Elektra lors du final de la saison 2; il retire son masque pour que son visage apparaisse, cela ne change rien pour lui mais elle le voit, le spectateur le voit – sans masque mais en costume –, la symbolique est là. Il retire l’image connu de Daredevil pour ne faire qu’un avec qui il est vraiment. Dans cette scène il le déclare comme a lui même: il ne fait qu’un avec ce héros masqué. Daredevil c’est lui. Sa relation avec Elektra est d’autant plus mise à nue. Matt se libère et annonce sa vérité. La relation qu’il avait avec Karen ne pouvait aboutir, il ne pourra pas être avec une personne qui ne (le) comprend pas. Pas tant qu’il sera Daredevil. 
Mais cette question de lumière et d’obscurité vient aussi par la condition d’aveugle de Matthew Murdock. Cela n’est plus un handicap pour lui suite au développement de ses autres capacités telle que son ouïe très développée. Le fait que Matt soit aveugle ne signifie pas qu’il ne voit pas, ce qu’il démontre au fil des épisodes. La vision comme nous l’entendons n’est pas perçue de la même manière pour lui. De fait ses capacités l’amène nt à faire des prouesses tel qu'on le voit au fil des épisodes comme le fait de pouvoir anticiper un mouvement via une simple intensité sonore comme la respiration ou la prise en main d’une arme.  



     L’écriture de la série est également un élément important et significatif, un gage de qualité pas toujours présent dans les séries (notamment chez le concurrent DC Comics qui n’est pas toujours subtile dans la production de ses séries cf Arrow, The Flash, GothamLegends of Tomorrow etc. ainsi que dans l’écriture des personnages beaucoup trop laissé en surface.) 
L’écriture des scénarios est à la fois juste et surprenante. Les intrigues sont menées jusqu’au bout avec bien souvent des questions d’ordre morales qui se posent. Mais la force d’écriture ne réside pas uniquement dans les intrigues, elle se joue également chez les personnages, leurs caractérisations et en l’absence de clichés bien trop souvent présent dans les œuvres filmiques (qu’il s’agisse de séries ou de films).. Ces personnages ont chacun de véritables problématiques… Que se soit les principaux ou les secondaires, chacun à sa place, et tous possèdent une écriture approfondie. Le trio Foggy/Karen/Matthew fonctionne sur une bonne dynamique. Cela s’effondre au cours des épisodes dû à la double identité de ce dernier. Cette fragilité s’est mise en place progressivement et interfère avec le travail juridique, notamment dans la saison 2 avec un certain procès déterminant pour la suite. Elektra reste quant à elle un personnage ambiguë. Elle semble être emprisonnée dans cette vie qu'elle pense mériter. À la fois violente et tendre, elle confirme ce paradoxe lorsqu'elle est avec Matt Murdock ; vouloir sans pouvoir. Elle va ainsi le pousser dans ses retranchements et va l'amener à faire face à sa véritable condition. C'est avec elle seule qu'il comprendra qui il est, mais surtout pourquoi il en a besoin. Sûre d'elle, méprisante, Elektra est avant tout une femme qui a grandi dans la violence. Sa notion du bien et du mal est altérée par ce qu'elle a toujours connu, et malgré sa volonté elle sera vite rattrapée par ses démons. Elektra et Daredevil constituent ainsi une équipe solide et efficace. Une confiance ; celle que l'un ne lâchera pas l'autre.
Ce qui forge d’autant plus cette qualité réside aussi dans le traitement des méchants. Un bon super-héros n’est rien sans un(des) personnage(s) complexe(s) qui le bouscule, se confronte(nt) à lui et plus généralement est (sont) son opposé, son némésis. C’est notamment le cas avec Wilson Fisk dont l’enfance est perturbante et qui se révèle être paradoxal dans son comportement vis à vis de Vanessa et du reste des personnages (un clivage important est à souligner dans ses agissements lorsqu'il est avec une femme qu'il aime, Vanessa et/ou sa mère, et lorsqu'il est en compagnie de ses hommes de mains). Bien que Fisk soit intéressant, complexe, brute et dont l’interprétation est bonne, c’est bel et bien l’arc du Punisher qui impressionne et convainc le plus. L’un des traitements de personnage le plus intéressant de la série (et de manière générale, de l’univers MARVEL sur petit écran) est Frank Castle. Les quatre premiers épisodes de la saison 2 sont sans conteste parmi les meilleurs de la série. À la fois rythmés, remplis de questionnements et de remises en questions. Tous les événements se passent très vite et peut être trop vite. Le second arc de la saison, centré notamment sur Elektra, arrive dès la fin du 4ème épisode. Peut être aurait-il mérité un épisode supplémentaire pour cette traque du Punisher ? Il n’en demeure pas moins que la suite reste intéressante. Les deux intrigues de cette seconde saison s’emboitent très bien laissant place aux sentiments. La reconstruction ne se fera finalement pas, les personnages sont d'abord brisés avant de revenir. C'est le cas de Matt Murdock dont tout est remis en question dans sa vie personnelle et professionnelle. Il fera ainsi des choix au cours des derniers épisodes qui lui seront déterminants. C'est le cas également pour chacun des autres personnages et, entre autre, Frank Castle. Celui ci devient, à l'instar de son opposé Daredevil, le Punisher. Une série dérivée The Punisher prendra le relais en ce qui concerne cet antihéros, et si la qualité est au rendez-vous, alors nous pouvons espérer de grandes choses sur petit écran.   

     Aujourd'hui, aucune autre série de super-héros, et notamment chez Marvel, n'arrive au niveau de Daredevil. Ses confrères Jessica Jones et Luke Cage ne possèdent pas cette qualité bien que ces deux séries viennent du même service. Le rythme et l'écriture sont deux aspects qui manquent profondément à ces deux dernières, ce pourquoi Daredevil surpasse les attentes et crée un engouement. De plus les enjeux sont accentués mettant en avant des problématiques cruciales, la corruption entre autre. On peut donc dire que la série tente de grandes choses et tente de transcender son simple statut de série télévisée. Le support étant différent la puissance de Daredevil surpasse même le divertissement chez certains films du MCU.  
Il est donc inévitable de tenter sa chance avec Daredevil. Marvel réussissant mieux, sur certains aspects, sur petit écran que dans les salles obscures. 






A bientôt entre deux lignes . Xo ☾ℳ  







1 commentaire:

  1. très belle article ♥ comme toi j'ai eu un coup de coeur pour cette série, j'ai regardé (enfin essayé) plusieurs séries de super héros et au début (comme Arrow) c'est intéressant et après ça part dans un cliché de dingue et après t'as tout les super héros qui arrive ça devient n'importe quoi et plus du tout réaliste! J'ai commencé Daredevil en pensant un peu à ça au début je ne voulais pas trop par peur d'être déçue comme a chaque fois et puis j'ai vu tout ses avis du coup j'ai commencé et enchaîné épisodes sur épisodes c'était le coup de cœur des le premier épisode ! la réalisation, le casting, et le déroulement fait qu'on s'y prend vite dedans, les méchants on une vrais histoire!! J'ai eu un coup de cœur aussi pour Frank Castel et j'avoue que je suis très impatiente de la série sur lui et aussi d'en savoir plus !!!

    a bientot pour te relire ♥

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